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Laspect
de cette très ancienne
architecture pourrait laisser
croire à une construction
rudimentaire et maladroite.
Ce serait se méprendre. Il sagit
dune architecture aux finalités
différentes de celles de lart
roman ultérieur.
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La chance
a voulu que tous ces éléments (VOIR
L'ILLUSTRATION) soient conservés non seulement
sur près de 1,70m de haut mais aussi à plus
de 2,40m de profondeur. Une chance quen fait nous
devons dabord au choix du niveau de sol retenu par
les premiers architectes gothiques, et puis à une
utilisation, réservée au chapitre des chanoines,
de cette partie du choeur (stalles fermées par un
jubé et présence vers le centre de diverses
pièces de mobilier qui a empêché les
sépultures). Chance décisive car indispensable
pour pouvoir envisager une présentation au public
sous un plafond de béton respectant le niveau du
choeur actuel.
Se pose la délicate question de la date manifestement
haute de ce monument.
En labsence de liaison stratigraphique entre la crypte
et lensemble roman (VOIR
L'ILLUSTRATION ) nef-transept, larchéologie
monumentale peut soutenir le synchronisme de la première
avec le second (seul daté indirectement par C14)
sur base de lidentité de style et de facture
qui les lie. En première analyse (puisque les études
comparatives doivent encore être développées),
nous lidentifions à la crypte de la première
église collégiale de Bruxelles créée,
vers 1047, sous limpulsion du comte de Louvain Lambert
II dit Baldéric, dont la dynastie deviendra bientôt
celle des ducs de Brabant. Un collège de douze chanoines
fut institué et Baldéric donna à léglise
les reliques de sainte Gudule. Léglise fut
consacrée, dès lors, aux saints Michel et
Gudule.
A vrai dire, cette relation est tirée essentiellement
dun texte qui nest autre - on la établi
petit à petit depuis la fin du XIXe siècle
- quune fausse charte, prêtée au comte
de Louvain et de Bruxelles, Lambert II. La pièce
émanant du chapitre de Sainte-Gudule, fut rédigée
non pas vers 1047, ni même un peu après, mais
vers la fin du XIIe siècle. Son contenu pourtant
nen paraît pas moins recevable, du moins sur
les points généraux qui nous occupent ici
car ce sont les données qui, se référant
à des événements publics et marquants
dont le souvenir subsistait encore largement, pouvaient
servir à corroborer une série de points plus
particuliers beaucoup moins mémorables, mais intéressant
également le chapitre. Certains recoupements tendent,
par ailleurs, à confirmer la création du chapitre
vers 1047 ainsi que la translation des reliques de sainte
Gudule dans la nouvelle collégiale.
Pour rendre durablement accessibles ces vestiges architecturaux,
se lève le problème de la stabilité
générale du choeur de la cathédrale
car les fondations de ses hautes colonnes ont été
construites ici, simplement, sur le sol de la crypte. Un
sol quil va donc falloir délester de tout le
poids de son remblai, précisément entre deux
colonnes se faisant face et recevant des descentes de charges
impressionnantes.
Dimportants travaux de consolidation en sous-oeuvre
sont alors entrepris dans les profondeurs du sol de la crypte.
Les cicatrices de cette intervention, très limitée
en surface et localisées en des emplacements archéologiquement
peu sensibles, sont extrêmement discrètes.
Une dalle de béton terminera laménagement
du lieu permettant des visites guidées pour de petits
groupes.
  
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