Lorsque l ’ensemble de l’espace est finalement libéré de ses remblais, la force architecturale de ses hautes bases se découvre. Au centre, quatre colonnes sombres, monolithiques; autour, tous les éléments architecturaux sont blancs; à l’ouest, un mur transversal dont le développement s’accompagne d’une série très scandée de pilastres; au nord et au sud, un pilier cruciforme; vers l’est, deux grands pans de murs se font face dans l’axe longitudinal, ils conduisaient à l’abside disparue.



La première collégiale et son avant-corps ont été détruits totalement par la reconstruction gothique qui s’effectua au fur et à mesure de 1225 jusqu’au XVe siècle. Cette démolition progressive était en principe limitée aux seules parties dépassant le niveau choisi par les architectes gothiques. Ne pouvait-on espérer retrouver lors des fouilles entre les nouvelles fondations de l’actuelle cathédrale, tous les éléments architecturaux qui n’avaient pas gêné la reconstruction ? C’était sans compter avec les innombrables creusements et recreusements provoqués par près d’un demi-millénaire d’ensevelissements (jusqu’à l’édit pris en 1784 par l’empereur Joseph II, interdisant toute sépulture en milieu urbain). Ce qui restait des murs anciens allait très majoritairement s’en trouver anéanti.

Toutefois, les fouilles ont pu aboutir à la reconstitution complète des plans grâce, en particulier, aux symétries auxquelles les bâtisseurs romans avaient obéi. On en trouvera la transcription in situ dans le nouveau dallage de la nef gothique. S’y incorpore un choix des meilleurs témoins architecturaux que des visiteurs attentifs découvriront dans des puits grillagés. Ils les trouveront surtout dans le bas-côté nord.

D’ouest en est :
- l’arrachement de l’ancienne façade occidentale pour accrocher l’avant-corps;
- la base d’un des piliers de la nef, encadré de sa banquette ; sol dallé;
- fondation du bras nord du transept, mur ouest (avec sépulture sous-jacente).
Dans le déambulatoire :
- mur est de ce même bras du transept : fondation de la chapelle.

Dans la collégiale gothique, un seul lieu a été épargné (ou presque) par les aménagements de sépultures, c’est le choeur, et c’est là que les fouilles ont fait apparaître, depuis 1991, les restes d’une crypte romane, pressentie déjà par certains chercheurs, mais jamais signalée dans les textes anciens (VOIR L'ILLUSTRATION).

Méthodiquement, dès la fin de 1991, la fouille descend entre les colonnes et les piliers romans jusqu’au sol même - intact depuis le comblement de 1225; elle retrouve ainsi les traces d’une circulation arrêtée à cette date. Les élévations atteignent encore près de 1,70m de haut. Les enduits muraux sont très largement conservés, couverts en différents points de concentrations de graffiti finement gravés. Des restes de peintures murales apparaissent un peu plus loin. Les bas-côtés de cette église miniature sont massivement occupés l’un et l’autre par les murs de fondation supportant les colonnes du choeur gothique, mais on les distingue encore sans beaucoup de peine de chaque côté. Manquent toutefois les voûtes et, à l’est, l’abside, emportée par le creusement au XIVe siècle du caveau de Jean II, duc de Brabant. Si les vestiges romans ont souffert, ce fut, à l’évidence, beaucoup moins qu’ailleurs: se présentent ici les témoins de loin les plus suggestifs de tous ceux qui peuvent subsister de la collégiale primitive de Bruxelles (VOIR L'ILLUSTRATION).

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