
La ville
de Bruxelles se forme par un groupement dartisans
et de marchands, constitué vers la fin du Xe siècle
- ou au début du XIe siècle au plus tard -
dans la vallée, au bord de la Senne, petite rivière
disparue du paysage urbain depuis le XIXe siècle
et maintenant détournée même des canalisations
voûtées du centre de la ville. Lagglomération
naissante va connaître, au cours des siècles
qui suivent, un développement continu culminant au
XVe siècle dans des années dune expansion
exceptionnelle. (VOIR
L'ILLUSTRATION )
Un
plan actuel de Bruxelles permet toujours de distinguer sans
peine la ville historique : elle est enclose dans le pentagone
des boulevards de première ceinture puisque le tracé
de ce pentagone est celui de la deuxième enceinte
urbaine. Celle-ci, bâtie aux XIVe et XVe siècles,
ne sera franchie par des lotissements quau début
du XIXe siècle.
Si
lorigine de Bruxelles est à chercher dans la
vallée aux abords de la célèbre Grand
Place, un autre point jouait alors et depuis quelque temps
déjà, son rôle à 500 mètres
de là. Il se situait sur le haut du versant abrupt
de la vallée (altitudes : 62m contre 18m) à
lemplacement de lactuelle cathédrale
- qui fut collégiale jusquen 1962 et létait
depuis quelque neuf cents ans, cest-à-dire
peu avant 1050. Soit, pour situer ce passé, dès
avant la prise de Jérusalem par la première
croisade (1099) ou même avant larrivée
normande en Angleterre (1066).
Les
fouilles récentes ont rencontré les restes
de murs attribuables à cette première collégiale
dont, pensons-nous, la crypte fait partie. Apparurent sous
certains dentre eux (mais seulement sous la nef et
le transept) des éléments osseux appartenant
à des tombes antérieures, datées par
Carbone 14 (C14) entre la fin du VIIIe siècle et
la fin du IXe pour la plus ancienne et, pour la plus récente,
entre la seconde moitié du Xe et le début
du XIe siècle. (VOIR
L'ILLUSTRATION )
Ce
sont là les témoins dun peuplement qui
ne pouvait être - en tout cas pour lépoque
dorigine - que rural. Dune manière ou
dune autre, une association avec le petit groupe voisin
dartisans et de marchands établis près
des rivages de la Senne, a dû se produire assez vite,
sans quon puisse espérer jamais le préciser
beaucoup, pour des temps où des textes tant soit
peu directs, évidents et explicites, font défaut.
Par ailleurs, vu lépoque, ces tombes devaient
accompagner une église, même si les conditions
de terrain nont pas permis aux fouilleurs den
retrouver des vestiges directs. Il devait sagir dune
petite construction rurale apparemment déjà
dédiée à saint Michel.
LEXIQUE



Les
fouilles archéologiques qui ont abouti à la
découverte de la crypte romane sont le résultat
dun travail déquipe réalisé
par la cellule de fouilles de la Société royale
darchéologie de Bruxelles (Pierre-P. Bonenfant,
Michel Fourny et Madeleine Le Bon) réalisé
avec lappui de la Régie des Bâtiments
de lEtat fédéral belge (architecte Hugo
Claes), en liaison avec le Bureau de contrôle Seco
(K. Van Eyken).
Le financement fut, lui aussi, décisif. Lapport
dun mécène privé, la Société
Générale de Belgique et lintervention
de la Ville de Bruxelles furent indispensables.
La présentation de cette crypte était chose
due au public tant belge quétranger. Elle ne
représente pas pour autant le point final des recherches
scientifiques de terrain. Celles-ci vont, au contraire,
pouvoir se déployer dans de nouvelles directions:
la place de la crypte et de la collégiale dans larchitecture
romane, les témoins picturaux, les graffiti, un langage
à voir et à décoder. Doù
résulteront, dans les années qui viennent,
un supplément de signification et une précision
accrue des conclusions chronologiques.
Un site à revisiter...