A l’emplacement de l’actuelle
cathédrale se trouvait un autre foyer de développement sans doute rural et antérieur à celui des marchands et artisans établis à 500 mètres
de là sur la Senne.



Crédits photographiques:
Eric de Ville, L. Polfliet, SRAB

Plan en 3D de la Cathédrale:
Régie des Bâtiments

Réalisé à partir d'une idée originale
de Graphic Design


La ville de Bruxelles se forme par un groupement d’artisans et de marchands, constitué vers la fin du Xe siècle - ou au début du XIe siècle au plus tard - dans la vallée, au bord de la Senne, petite rivière disparue du paysage urbain depuis le XIXe siècle et maintenant détournée même des canalisations voûtées du centre de la ville. L’agglomération naissante va connaître, au cours des siècles qui suivent, un développement continu culminant au XVe siècle dans des années d’une expansion exceptionnelle. (VOIR L'ILLUSTRATION )

Un plan actuel de Bruxelles permet toujours de distinguer sans peine la ville historique : elle est enclose dans le pentagone des boulevards de première ceinture puisque le tracé de ce pentagone est celui de la deuxième enceinte urbaine. Celle-ci, bâtie aux XIVe et XVe siècles, ne sera franchie par des lotissements qu’au début du XIXe siècle.

Si l’origine de Bruxelles est à chercher dans la vallée aux abords de la célèbre Grand Place, un autre point jouait alors et depuis quelque temps déjà, son rôle à 500 mètres de là. Il se situait sur le haut du versant abrupt de la vallée (altitudes : 62m contre 18m) à l’emplacement de l’actuelle cathédrale - qui fut collégiale jusqu’en 1962 et l’était depuis quelque neuf cents ans, c’est-à-dire peu avant 1050. Soit, pour situer ce passé, dès avant la prise de Jérusalem par la première croisade (1099) ou même avant l’arrivée normande en Angleterre (1066).

Les fouilles récentes ont rencontré les restes de murs attribuables à cette première collégiale dont, pensons-nous, la crypte fait partie. Apparurent sous certains d’entre eux (mais seulement sous la nef et le transept) des éléments osseux appartenant à des tombes antérieures, datées par Carbone 14 (C14) entre la fin du VIIIe siècle et la fin du IXe pour la plus ancienne et, pour la plus récente, entre la seconde moitié du Xe et le début du XIe siècle. (VOIR L'ILLUSTRATION )

Ce sont là les témoins d’un peuplement qui ne pouvait être - en tout cas pour l’époque d’origine - que rural. D’une manière ou d’une autre, une association avec le petit groupe voisin d’artisans et de marchands établis près des rivages de la Senne, a dû se produire assez vite, sans qu’on puisse espérer jamais le préciser beaucoup, pour des temps où des textes tant soit peu directs, évidents et explicites, font défaut. Par ailleurs, vu l’époque, ces tombes devaient accompagner une église, même si les conditions de terrain n’ont pas permis aux fouilleurs d’en retrouver des vestiges directs. Il devait s’agir d’une petite construction rurale apparemment déjà dédiée à saint Michel.

LEXIQUE

Les fouilles archéologiques qui ont abouti à la découverte de la crypte romane sont le résultat d’un travail d’équipe réalisé par la cellule de fouilles de la Société royale d’archéologie de Bruxelles (Pierre-P. Bonenfant, Michel Fourny et Madeleine Le Bon) réalisé avec l’appui de la Régie des Bâtiments de l’Etat fédéral belge (architecte Hugo Claes), en liaison avec le Bureau de contrôle Seco (K. Van Eyken).

Le financement fut, lui aussi, décisif. L’apport d’un mécène privé, la Société Générale de Belgique et l’intervention de la Ville de Bruxelles furent indispensables.

La présentation de cette crypte était chose due au public tant belge qu’étranger. Elle ne représente pas pour autant le point final des recherches scientifiques de terrain. Celles-ci vont, au contraire, pouvoir se déployer dans de nouvelles directions: la place de la crypte et de la collégiale dans l’architecture romane, les témoins picturaux, les graffiti, un langage à voir et à décoder. D’où résulteront, dans les années qui viennent, un supplément de signification et une précision accrue des conclusions chronologiques.

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